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About Me

  Après une vie de tribulations du fait de sa différence, Salif célèbre enfin ce qu’il est, “Un autre Blanc”, et invite le monde à célébrer la Différence avec lui.

Rail-Band du Buffet-Hôtel de la Gare, Ambassadeurs du Motel de Bamako, Ambassadeurs internationaux et dernièrement, Les Nouveaux Ambassadeurs! Autant de formations musicales exceptionnelles qui ont permis à Salif Keïta de gravir les marches raides de la célébrité mondiale et dont les noms évoquent quête, mobilité et voyage. Ils expriment aussi le désir ardent qui a animé très tôt Salif Keïta, le Blanc à l’âme profondément négro-africaine, de s’éloigner d’une société qui lui refusait ses droits d’homme à part entière. Les noms de ces groupes traduisent aussi, comble du paradoxe, la fierté sans compromis de l’artiste, d’appartenir à ce Mali mythique et à son Mandé natal, terres dont il s’est chargé d’illustrer les belles valeurs d’humanisme aux quatre coins du monde.

Mais peut-on vraiment parler du poète Salif Keïta sans emprunter ses propres mots? Ainsi, d’un studio parisien en 1986, il s’écriait: Sina, O Sina, i den to tò le jamanakè do”/ “Oh, Sina, ton fils se perd sur les sentiers du monde.” Mais cinq ans plus plus tard, force était de constater que non seulement l’enfant de Sina le maître-chasseur et de la douce Nassira Keita ne s’était pas égaré, mais qu’il  rassurait même son maître de sentier par ces mots: “Eh, Karamoko, taama diyara”/Ô Maitre, mes pérégrinations ont porté fruits.”

Parti très jeune de Djoliba vers la fin des années 60, premier village-modèle reconstruit par l’USAID américaine au lendemain de l’indépendance du Mali, l’oiseau-pèlerin du Mandé a sillonné le monde, en se perchant toujours, dit-il, sur l’arbre le plus haut, celui de la Connaissance, Lony, bien à l’abri des pierres que lui lançaient les méchants.

En 40 ans et depuis le délicieux et intemporel Mandjou(1978), que de merveilleux joyaux ciselés par cet orfèvre des mots, le Roi Midas malien: Soro(1987), Amen(1991), Folon(1995), Papa(1998), Moffou(2002), La Différence(2009) et Talé(2012)! Tant de fructueuses collaborations internationales également: Joe Zawinul, Steve Hillage, Jean-Philippe Rykiel, Carlos Santana, Cesaria Evora, Wayne Shorter, Ibrahim Maalouf, Vernon Reid/Living Colour, Philippe Cohen Solal, et naturellement, Esperanza Spalding. C’est aussi bon nombre de ses tubes remixés et popularisés de plus belle par des DJ réputés, comme Funk Mob, Frédéric Galliano, Martin Solveig, et Luciano.

Et tant d’honneurs, de distinctions nationales et de prix engrangés au fil des décennies de tournées aux quatre coins du monde, ont scellé la réputation de celui qu’on appelle la Voix d’or de l’Afrique, le patriarche indisputé et l’ambassadeur de la musique africaine?

Nous voici, quarante ans plus tard, et un nouveau jalon, Un autre Blanc, album qui, selon Keita, sera son dernier. S’apprêtant à marquer ses 50 années de carrière musicale et presque septuagenaire, et comme pour ralentir la vapeur, Salif Keita compte désormais étaler sa natte sous les manguiers des berges du fleuve Niger, et s’adonner à de longues parties de dames, son passe-temps préféré. Repos bien mérité, certes, pour le Prodige(N’an kama) de Djoliba, mais doit-on pour autant croire que ce bel album sera le dernier mot de l’intarissable barde, dont la voix ensoleillée a porté l’espoir jusque dans les cellules de Robben Island?

Cet album de 10 nouveaux titres prolonge la lutte de Salif Keita pour les droits des albinos, action qu’intensifiera La Fondation Salif Keita pour les Albinos, d’autant plus que les Nations-Unies ont décrété le 13 juin Journée Internationale de Sensibilisation sur l’Albinisme. Salif proteste contre les enlèvements et les meurtres d’albinos dans de nombreux pays africains pour des rituels de sorcellerie. Il dénonce les féticheurs et les charlatans qui véhiculent et perpétuent mensonges et superstitions pour s’enrichir, en entraînant souvent dans leurs entreprises criminelles des membres de la famille des victimes eux-mêmes.

Notes rédigées par Chérif Keita, William H. Laird Professor of French and the Liberal Arts, à Carleton College(USA) et l’auteur de Salif Keïta: l’ambassadeur de la musique du Mali(Paris: Grandvaux, 2009) et de Outcast to Ambassador: The Musical Odyssey of Salif Keita(Amazon: Create Space, 2011).

  After a life of tribulations because of his difference, Salif finally celebrates what he is, “Another White”, and calls on the world to celebrate Difference with him. 

Rail Band of the Train Station Hotel, Ambassadeurs of the Motel of Bamako,  Ambassadeurs Internationaux, and lately, Les Ambassadeurs Internationaux: so many bands that enabled Salif Keita to ascend the steep steps to world fame. Not only do their names suggest a quest, a thirst for mobility and travel, they translate also his burning desire, as a person with albinism, the white man with the deep soul of Black Africa, to escape from a society that was denying him his full rights as a human being. Paradoxically, the names of these bands also express Salif Keita’s uncompromising pride of belonging to Mali and Manden, the legendary lands of his birth, whose captivating Humanism he has been championing around the world for several decades now.

But how can one speak about Salif Keita the poet without borrowing his own words? From a Parisian recording studio in 1986, he proclaimed: “Sina, O Sina, i den to tò le jamanakè do”/Sina, O, Sina, your son is lost far away from home.” Five years later, not only this son of Sina the Master hunter and sweet Nassira Keita had not lost his way, he had only these reassuring words for his Spiritual Teacher: “O, Karamoko, taama diyara”/ “O, Master, my wanderings have borne fruits.”

Having left at a very young age his native Djoliba in the late sixties, first village chosen to be rebuilt by the American US AID right after Mali’s independence, the traveling bird of Mandé has gone around the world, safely perching, as he said, on one tall tree, that of Knowledge, Lony, where the rocks thrown by mean people could not reach him.

And 40 years after his delightful and ageless Mandjou(1978), let’s recall some of the many jewels this master-wordsmith, the Malian King Midas, has chiseled for us: Soro(1987), Amen(1991), Folon(1995), Papa(1998), Moffou(2002), La Différence(2009) et Talé(2012). And so many memorable international collaborations: Joe Zawinul, Steve Hillage, Jean-Philippe Rykiel, Carlos Santana, Cesaria Evora, Wayne Shorter, Ibrahim Maalouf, Vernon Reid/Living Colour, Philippe Cohen Solal, and of course, Esperanza Spalding. Let’s not forget his many hits remixed and popularized even further by world-renowned DJs such as Funk Mob, Frédéric Galliano, Martin Solveig and Luciano.

And along the way, Salif has bagged countless awards, national distinctions and prizes over his decades of touring the world, establishing his reputation as the Golden Voice of Africa, the Patriarch and the undisputed Ambassador of African music.

Here we are. Forty years later and another milestone, Un Autre Blanc, the new album that Salif Keita has announced as his last. Ready to celebrate 50 years of a stellar career in music and soon to be seventy, and perhaps as a way of winding down, Salif Keita wishes to spread out his mat under the mango trees of the banks of the Niger river, to indulge in his favorite game of draughts. A well-deserved rest, to be sure, for the Prodigy(N’an kama) of Djoliba but should we really believe that this beautiful album will be the last word of a most prolific poet, whose luminous voice has carried hope, even as far as the cells of Robben Island?

This album of 10 brand-new tracks continues Salif’s advocacy for the human rights of people with Albinism, a fight his Foundation for Albinism pledges to intensify, especially since the UN has declared June 13, International Albinism Awareness Day. Salif is protesting the ongoing abductions and killings of people with albinism in a number of African countries for purposes of witchcraft and financial profit. He decries the fact that local witch doctors often purposefully spread and perpetuate misconceptions and superstitions for personal gain, and in some cases, family members of these innocent victims being complicit in these horrible crimes.

Photography Un Autre Blanc: Thomas Dorn Un Autre Blanc sleeve design - Salif Keita logos: Kris Cheung - Website design: Mohamed Sam Coulibaly / Dija consulting